mercredi 11 juillet 2012

Le Livre des Visages, Sylvie Gracia : l'impudeur de l'écrivain


J'ai commandé sur Amazon Le Livre des Visages, qui raconte des miettes de vie de sa rédactrice, en 2010, illustré à chaque chapitre d'une mauvaise photo de téléphone. Des bribes, comme les moins de 12 ans le font dans un journal, ou les moins de 20 sur Facebook : voilà que je traverse le Pont des Arts, et je suis fatiguée ; voilà que j'ai retrouvé R. à Levallois rue A.B. et il m'a dit cela.

Le Livre des Visages n'était prévu que pour le web - évidemment, le titre n'est qu'une traduction moyenne du réseau social en question, et je me demande dans le métro, le livre sur les genoux, s'il n'aurait pas du y rester. Pourtant, les textes se lisent vite et portent des impressions fortes. Je crois qu'il n'est pas très facile de donner à penser en quelques lignes ; et les pages cartonnées (tout le livre est cartonné, il est lourd et dense) reçoivent des sensations que j'aurais peut-être préféré lire dans un autre contexte.
Chaque vie est très intime pour un autre que soi, en fin de compte, et Sylvie Gracia nous offre la sienne sans retenue. Au fil du livre, elle est devenue ma soeur, ma mère, mon double.



J'ai rencontré Sylvie Gracia, chez Acte Sud ; c'est la mère d'une amie, nous avions pris rendez-vous pour parler d'elle, et de moi - je cherche du travail. Nous avons parlé de l'impudeur de l'écrivain, de la nécessité de s'écrire pour décrire le monde. Nous avons parlé de l'avenir de la littérature, l'auto-portrait, "le moi intime, éclaté, presqu'impossible à reconstituer"... Elle a ri quand je lui ai expliqué ma gêne après la lecture de son roman des Visage, et m'a offert un café dans le jardin parisien de la rue Séguier.

Elle a signé mon exemplaire d'un joli "A cette rencontre presqu'intime."

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire