J'étais partie en vacances avec un volume des Trônes de Fer, et aussi Le Cercle de la Croix (Iain Pears est plus connu pour son fabuleux Rêve de Scipion) prêté par un ami. Je lisais difficilement les deux - l'un en anglais médiéval, l'autre simplement barbant -, alternant, au soleil, à l'ombre.
Puis mon père a sorti ce pavé du placard, en grommelant que ça n'avait pas l'air bien mais bon, malgré les extraordinaires critiques de la quatrième de couverture. (Je prête habituellement peu attention à ces choses-là, mais tant d'éloges m'ont attiré l'oeil). Il l'a commencé ; et moi aussi.
A lui la découverte du livre, à lui la priorité : je ne le lisais que lorsque lui faisait autre chose, quelques pages à peine, avant qu'il ne demande "tu as vu La Règle de Quatre ?" et que je fasse mine de l'extraire de dessous un magazine ou un pull posé sur la table.
Le livre s'ouvre sur une longue présentation d'un groupe d'amis sur le point d'être diplômés de Princeton, et je me suis sans doute reconnue dans ces étudiants qui écrivent un mémoire avant de quitter leur école. Le mémoire en question porte sur un manuscrit ancien dont on n'a jamais su déchiffrer le secret... C'est là, donc, que l'histoire bon enfant se métamorphose en thriller ésotérique... malgré lui et malgré moi plutôt efficace.
Entrecoupé de vacances entre amis, logistique de groupe et siestes sur la plage, j'ai adhéré contre mon gré à cette narration à la Dan Brown, pas très bien traduite et aucunement plausible.
Au point de retrouver mes impressions irréelles du Da Vinci Code, à mi-chemin entre le sentiment révoltant d'être en train de se faire berner, et l'impatience passionnée du lecteur conquis.
Au cours des dernières pages, j'ai du admettre ouvertement mon intérêt pour ce livre - et refuser de le rendre à son lecteur légitime. Puis je l'ai reposé, déçue de la fin, et démunie devant l'évidence : je crois que j'ai une passion secrète pour les mauvais thrillers ésotériques.

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