Avant de partir pour Pékin, j'avais repris contact avec une vieille amie, qui écrivait une thèse sur une des seules auteurs contemporaines actuellement étudiées en Khâgne ; j'ai nommé Sylvie Germain. Elle m'en avait dit tout le mal qu'elle savait en dire, férocement ancrée devant un verre de Chilien. C'était le début et la fin de mon aventure avec Sylvie Germain.
Et quand je suis partie en Chine, j'avais emporté deux livres : Vendredi ou les limbes du Pacifique, du maître Tournier, et Les Fleurs du Mal. J'ai rapidement offert les Fleurs immarcessibles à un nouvel ami brésilien, et j'ai relu sans relâche mon Vendredi, jusqu'à dénicher une librairie française à Pékin.
Là-bas, Marc Lévy et Guillaume Musso faisaient la loi. En désespoir de cause, je fouille et déniche un exemple de Hors Champ. Je me laisse séduire par l'allusion cinématographique du titre.
Là-bas, Marc Lévy et Guillaume Musso faisaient la loi. En désespoir de cause, je fouille et déniche un exemple de Hors Champ. Je me laisse séduire par l'allusion cinématographique du titre.
Sous Pékin ensoleillé, je commence Hors Champ ; puis le soleil se couche et la France est loin. Le livre détaille la disparition d'un homme, physiquement, invisible. Sylvie Germain raconte l'infinie solitude de l'humain dépassé par ce qu'il croyait être tangible : lui-même. Nous buvons quelques verres, et je lis des extraits à des presque-francophones ; ils restent de marbre.
Je rentre à pied, et termine le livre en marchant. Hors Champ reste une impression étrange, dérangeante. Je l'ai offert à mon père, depuis, sans jamais l'avoir relu.
Je rentre à pied, et termine le livre en marchant. Hors Champ reste une impression étrange, dérangeante. Je l'ai offert à mon père, depuis, sans jamais l'avoir relu.
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