Il y a quelques temps déjà que j'ai lu Où on va Papa ?, de Jean-Louis Fournier.
Comme je fais parfois, j'étais partie déjeuner dans un parc, avec à la main une soupe japonaise et un bouquin piqué au hasard dans la bibliothèque de beau-papa. Installée sur un banc, j'ai commencé à manger et à lire en même temps - et ce n'était pas facile.
D'ailleurs, ce n'est pas facile, aujourd'hui, de parler de ce court bouquin.
Bien sûr, on le sait, ce sont quelques réflexions d'un père de deux enfants handicapés ; bien sûr, on sait que ce n'est pas fait pour s'apitoyer, ni pour sensibiliser. On sait que c'est plein d'humour, que cela fait rire et pleurer en même temps. Mais il y a plus que ça, dans ce roman.
En écoutant Muray, j'avais ressenti un malaise assez proche de celui de Où on va Papa?. Celui qui dit : "jette à la poubelle ta manière de penser ; tu as tout faux". Et une fois que l'on a fait table rase de tout cela, ce n'est pas facile de commencer à penser avec plus bon sens.
Bien sûr, je n'avais pas de table à raser - j'étais sur un banc, dans un parc.
Donc, je me suis concentrée sur ce qui m'a le plus marquée chez Fournier - moi qui, pourtant, n'ai pas trop eu à subir les aléats de la vie. Ce sentiment de désarroi immense que l'on ressent devant un drame de la vie. Ce n'est pas que Jean-Louis Fournier se plaigne, mais il sussure au lecteur, petit à petit, sa tristesse de l'absurde, de l'inexpliquable. D'autant plus quant on en est responsable, quand on est le géniteur, sans en être coupable. En lisant Où on va, Papa?, j'ai eu le même rire jaune et les mêmes pleurs blancs que pendant Le Roi se Meurt, ou La Cantatrice Chauve : les rires et les pleurs que l'on explique pas, qui viennent directement de notre gène de l'humanité.
Du coup, je devrais avoir l'air trop sérieuse, sur ce banc, avec ma soupe et mon livre bleu. Alors un chien est arrivé, m'a sauté dessus, et j'ai renversé tout le contenu de mon bol sur mon pantalon, le liquide brûlant et les cubes de tofu. Là aussi, j'ai ri jaune. Mais je suppose qu'il y a plus grave que ça.
Comme je fais parfois, j'étais partie déjeuner dans un parc, avec à la main une soupe japonaise et un bouquin piqué au hasard dans la bibliothèque de beau-papa. Installée sur un banc, j'ai commencé à manger et à lire en même temps - et ce n'était pas facile.
D'ailleurs, ce n'est pas facile, aujourd'hui, de parler de ce court bouquin.
Bien sûr, on le sait, ce sont quelques réflexions d'un père de deux enfants handicapés ; bien sûr, on sait que ce n'est pas fait pour s'apitoyer, ni pour sensibiliser. On sait que c'est plein d'humour, que cela fait rire et pleurer en même temps. Mais il y a plus que ça, dans ce roman.
En écoutant Muray, j'avais ressenti un malaise assez proche de celui de Où on va Papa?. Celui qui dit : "jette à la poubelle ta manière de penser ; tu as tout faux". Et une fois que l'on a fait table rase de tout cela, ce n'est pas facile de commencer à penser avec plus bon sens.
Bien sûr, je n'avais pas de table à raser - j'étais sur un banc, dans un parc.
Donc, je me suis concentrée sur ce qui m'a le plus marquée chez Fournier - moi qui, pourtant, n'ai pas trop eu à subir les aléats de la vie. Ce sentiment de désarroi immense que l'on ressent devant un drame de la vie. Ce n'est pas que Jean-Louis Fournier se plaigne, mais il sussure au lecteur, petit à petit, sa tristesse de l'absurde, de l'inexpliquable. D'autant plus quant on en est responsable, quand on est le géniteur, sans en être coupable. En lisant Où on va, Papa?, j'ai eu le même rire jaune et les mêmes pleurs blancs que pendant Le Roi se Meurt, ou La Cantatrice Chauve : les rires et les pleurs que l'on explique pas, qui viennent directement de notre gène de l'humanité.
Du coup, je devrais avoir l'air trop sérieuse, sur ce banc, avec ma soupe et mon livre bleu. Alors un chien est arrivé, m'a sauté dessus, et j'ai renversé tout le contenu de mon bol sur mon pantalon, le liquide brûlant et les cubes de tofu. Là aussi, j'ai ri jaune. Mais je suppose qu'il y a plus grave que ça.

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