Au moment de partir pour aller fêter le Nouvel An, je me suis arrêtée dans un Relay, m'acheter de quoi occuper les 6 heures de train à venir.
J'ai failli prendre un Mary Higging Clark. Et puis j'ai choisi L'Origine de la Violence, parce que c'était un Poche, et qu'il était moins cher.
J'ai bien fait. Fabrice Humbert, la crevette plébiscitée par les édudiants des Grandes Ecoles, avait aussi été pêché pour le Renaudot. Il est mignon avec ses cheveux blonds, il ressemble à un ami à moi, et dans ses interviews, il refuse de donner son âge.
L'Origine de la violence, c'est un jeune prof qui retrouve son grand-père, le sosie de son père, sur une photo, à Buchenwald, le camp de concentration. Et si j'avais su ça, j'aurais choisi autre chose pour tuer l'ennui ; ça n'est pas vraiment festif, et je déteste ce qu'on appelle "la littérature de la Shoah", je l'avoue.
Ici, comme beaucoup de critiques l'ont dit déjà, c'était étonnant de la part d'un jeune auteur de se lancer dans cette tranche délicate de la littérature qu'est "l'écriture de la Shoah".
Le politiquement incorrect n'y a pas sa place, ni vraiment le rire, ni la légèreté. La Mémoire est lourde, nécessaire, le recueillement prend le pas sur la réflexion - avez-vous remarqué combien les romans qui traitent de la Shoah se ressemblent ?
Et ça aurait pu être un roman comme les autres.
Ici, Fabrice Humbert désamorce ce malaise ; il l'exprime.
L'Origine de la violence respecte la Mémoire, se penche aussi sur la mort et la souffrance, l'incompréhension, la systématisation.
Mais surtout, Humbert raconte ce désarroi, ce paradoxe pour nos générations qui n'ont pas connu la guerre et les camps : cette violence historique, l'histoire de nos grands-parents, ce Mal, peut-on imaginer que nos vies quotidiennes en soient dépourvues ?
Que l'on puisse vivre en sachant, mais sans que cela n'y ait pas la moindre influence ?
Humbert se pose la question qui nous concerne aujourd'hui : où la violence des camps est-elle cachée dans ma vie ? Et le narrateur - sans nom, pour mieux nous impliquer - découvre avec soulagement l'histoire de son grand-père, mort à Buchenwald, parce que ce secret explique la violence qui l'habitait depuis toujours, sans qu'il sache pourquoi.
Ici, Fabrice Humbert puise dans l'histoire de l'Europe et dans les mythes anciens, dans la littérature, lui qui enseigne le français, pour comprendre la situation d'un homme, rongé par la culpabilité d'un évènement qu'il n'a pas vécu. Chacun d'entre nous pourrait être ce jeune prof, ni Allemand, ni Juif, si peu concerné par la Shoah, qui découvre son histoire sur une photo.
Dans sa forme, le roman de Fabrice Humbert ressemble à une autobiographie, une autofiction comme on dit. Une narration personnelle, une histoire subjective, avouément romancée ; L'Origine de la Violence a un faux air d'Un Secret - de grâce, le roman, pas l'adaptation - mais doublé d'idées vraies.
Pas vraiment léger mais pourtant distrayant, un côté rock'n'roll étonnant qui fait que Fabrice Humbert réussit à tuer l'ennui. Il réinvente "la littérature de la Shoah".
Par contre, il se lit en moins de 6h ; donc, à ma place, prenez aussi le Mary Higgins Clark.
L'Origine de la Violence - Fabrice Humbert
Le Livre de Poche
6,95€
J'ai failli prendre un Mary Higging Clark. Et puis j'ai choisi L'Origine de la Violence, parce que c'était un Poche, et qu'il était moins cher.
J'ai bien fait. Fabrice Humbert, la crevette plébiscitée par les édudiants des Grandes Ecoles, avait aussi été pêché pour le Renaudot. Il est mignon avec ses cheveux blonds, il ressemble à un ami à moi, et dans ses interviews, il refuse de donner son âge.
L'Origine de la violence, c'est un jeune prof qui retrouve son grand-père, le sosie de son père, sur une photo, à Buchenwald, le camp de concentration. Et si j'avais su ça, j'aurais choisi autre chose pour tuer l'ennui ; ça n'est pas vraiment festif, et je déteste ce qu'on appelle "la littérature de la Shoah", je l'avoue.
Ici, comme beaucoup de critiques l'ont dit déjà, c'était étonnant de la part d'un jeune auteur de se lancer dans cette tranche délicate de la littérature qu'est "l'écriture de la Shoah".
Le politiquement incorrect n'y a pas sa place, ni vraiment le rire, ni la légèreté. La Mémoire est lourde, nécessaire, le recueillement prend le pas sur la réflexion - avez-vous remarqué combien les romans qui traitent de la Shoah se ressemblent ?
Et ça aurait pu être un roman comme les autres.
Ici, Fabrice Humbert désamorce ce malaise ; il l'exprime.
L'Origine de la violence respecte la Mémoire, se penche aussi sur la mort et la souffrance, l'incompréhension, la systématisation.
Mais surtout, Humbert raconte ce désarroi, ce paradoxe pour nos générations qui n'ont pas connu la guerre et les camps : cette violence historique, l'histoire de nos grands-parents, ce Mal, peut-on imaginer que nos vies quotidiennes en soient dépourvues ?
Que l'on puisse vivre en sachant, mais sans que cela n'y ait pas la moindre influence ?
Humbert se pose la question qui nous concerne aujourd'hui : où la violence des camps est-elle cachée dans ma vie ? Et le narrateur - sans nom, pour mieux nous impliquer - découvre avec soulagement l'histoire de son grand-père, mort à Buchenwald, parce que ce secret explique la violence qui l'habitait depuis toujours, sans qu'il sache pourquoi.
Ici, Fabrice Humbert puise dans l'histoire de l'Europe et dans les mythes anciens, dans la littérature, lui qui enseigne le français, pour comprendre la situation d'un homme, rongé par la culpabilité d'un évènement qu'il n'a pas vécu. Chacun d'entre nous pourrait être ce jeune prof, ni Allemand, ni Juif, si peu concerné par la Shoah, qui découvre son histoire sur une photo.
Dans sa forme, le roman de Fabrice Humbert ressemble à une autobiographie, une autofiction comme on dit. Une narration personnelle, une histoire subjective, avouément romancée ; L'Origine de la Violence a un faux air d'Un Secret - de grâce, le roman, pas l'adaptation - mais doublé d'idées vraies.
Pas vraiment léger mais pourtant distrayant, un côté rock'n'roll étonnant qui fait que Fabrice Humbert réussit à tuer l'ennui. Il réinvente "la littérature de la Shoah".
Par contre, il se lit en moins de 6h ; donc, à ma place, prenez aussi le Mary Higgins Clark.
L'Origine de la Violence - Fabrice Humbert
Le Livre de Poche
6,95€

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