Commençons par les gros poissons de l'année. Cette fois-ci, pour le Goncourt, c'est la crevette Houellebecq qui s'est fait pêcher.
J'ai lu La Carte et le Territoire dans un train, entre Cabourg et Paris, un retour de week-end. Il pleuvait et il faisait froid. Dans le wagon pour 6 personnes, un boyfriend occupé à rattraper son retard de boulot, deux enfants à claquer et deux parents satisfaits. Et les parents mangeaient des chips.
Le boyfriend s'était offert le roman à la gare ; c'est moi qui l'ai lu. Jusque là, j'avais lu du Houellebecq comme on dîne avec un ex : on pense que ça va aller, mais c'est toujours pire. Il fallait toujours quelques pages pour regretter d'avoir commencé le livre, sans pouvoir s'arrêter avant d'avoir envie de vomir.
Et puis, La Carte et le Territoire, c'était comme dîner avec le mec dont on voulait se séparer et se rendre compte que c'est l'homme de sa vie.
Pas de provoc. Pas de trash. Pas (trop) de dépression. Pas (trop) de critique sociale.
L'acidité traditionnelle de Houllebecq sans triple couche écoeurante. Seulement de la retenue, de la finesse. Un bijou d'équilibre, et même d'intelligence.
Michel Houellebecq comme personnage détestable du roman de Michel Houellebecq, personne ne l'avait osé. Des extraits entiers de Wikipédia comme fabuleux sous-titre naturaliste, dignes héritiers des longues descriptions scientifiques par Jules Verne. Et si Houellebecq jouait à l'OuLiPo ? Et si Houellebecq était en train de repenser la littérature ? Et si Houellebcq était un génie ?
Sans tomber amoureuse de la crevette, j'ai quand même été bien séduite. La Carte et le Territoire n'est finalement pas un ex comme les autres. Le titre, rien que ce titre, pourrait faire l'objet d'une copie double de dissertation. Je n'avais pas vu d'aussi beau titre depuis "La Guerre de Troie" n'aura pas lieu.
Malgré les deux braillards, malgré les parents qui mangent des chips dans le wagon étriqué, La Carte et le Territoire est une belle pincée de sel pour relever le goût de la littérature contemporaine ; et pour cela, la crevette a quand même bien mérité le gros lot.
La Carte et le Territoire - Michel Houellebecq
Flammarion - 3 septembre 2010.
22€.
J'ai lu La Carte et le Territoire dans un train, entre Cabourg et Paris, un retour de week-end. Il pleuvait et il faisait froid. Dans le wagon pour 6 personnes, un boyfriend occupé à rattraper son retard de boulot, deux enfants à claquer et deux parents satisfaits. Et les parents mangeaient des chips.
Le boyfriend s'était offert le roman à la gare ; c'est moi qui l'ai lu. Jusque là, j'avais lu du Houellebecq comme on dîne avec un ex : on pense que ça va aller, mais c'est toujours pire. Il fallait toujours quelques pages pour regretter d'avoir commencé le livre, sans pouvoir s'arrêter avant d'avoir envie de vomir.
Et puis, La Carte et le Territoire, c'était comme dîner avec le mec dont on voulait se séparer et se rendre compte que c'est l'homme de sa vie.
Pas de provoc. Pas de trash. Pas (trop) de dépression. Pas (trop) de critique sociale.
L'acidité traditionnelle de Houllebecq sans triple couche écoeurante. Seulement de la retenue, de la finesse. Un bijou d'équilibre, et même d'intelligence.
Michel Houellebecq comme personnage détestable du roman de Michel Houellebecq, personne ne l'avait osé. Des extraits entiers de Wikipédia comme fabuleux sous-titre naturaliste, dignes héritiers des longues descriptions scientifiques par Jules Verne. Et si Houellebecq jouait à l'OuLiPo ? Et si Houellebecq était en train de repenser la littérature ? Et si Houellebcq était un génie ?
Sans tomber amoureuse de la crevette, j'ai quand même été bien séduite. La Carte et le Territoire n'est finalement pas un ex comme les autres. Le titre, rien que ce titre, pourrait faire l'objet d'une copie double de dissertation. Je n'avais pas vu d'aussi beau titre depuis "La Guerre de Troie" n'aura pas lieu.
Malgré les deux braillards, malgré les parents qui mangent des chips dans le wagon étriqué, La Carte et le Territoire est une belle pincée de sel pour relever le goût de la littérature contemporaine ; et pour cela, la crevette a quand même bien mérité le gros lot.
La Carte et le Territoire - Michel Houellebecq
Flammarion - 3 septembre 2010.
22€.

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