jeudi 27 janvier 2011

My Little Paris, le Paris (plus si) secret des parisiennes : un raté de plus...

Comme cela fait plusieurs fois que je vous parle de romans plutôt connus et plutôt réussis (dans ma tête, ça fait un peu : La Carte et le Territoire, enregistrer sous : grand public > réussite), j'ai décidé de passer à la catégorie : grand public > déception.



Pour Noël, la soeur du boyfriend m'a offert le livre issu du blog My Little Paris, le Paris secret des Parisiennes. Le livre était très attendu par les lecteurs du blog - paradoxalement... Avec sa rapide lecture, je ne me suis pas décidée à vous le déconseiller totalement : des pours, des contres... mais un arrière-goût de raté malgré tout.

(Pour :) Les dessins de Kanako Kuno sont vraiment jolis !

(Contre :) S'il faut dire que même ma tendre mère et même mon père (!!) lisent le blog, Mylittleparis.com, alors donc dire que c'est un Paris secret qu'on y présente, c'est certainement overrated.

(Pour :) Les bons plans sont de vrais bons plans, sympas et rigolo ; et l'écriture est tout à fait agréable, bien qu'un peu déjà-vue.

(Contre :) Ce livre rentre - de par son principe - dans la catégorie des livres à usage limité : un receuil d'adresses, aussi sympathiques soient-elles, n'est valable que dans la durée de vie de ces mêmes adresses. Surtout lorsqu'il s'agit d'adresses parisiennes.

(Pour :) Je reconnais que ce doit faire une bonne idée de cadeau de la part d'une belle-soeur à une jeune femme branchouille de mon acabit. Qu'elle lise le blog ou non.

(Contre :) Si tout le contenu est disponible sur le blog, avec un peu de bon sens, contentons-nous de laisser le blog au Net.


Donc, une conclusion en demi-teinte, avec avantages et inconvénients, mais des inconvénient plutôt pesants. S'il fallait le comparer à d'autres livres du même principe, j'avais préféré l'adapation bouquin de VDM, et énormément préféré le recueil de dessins de Margaut Montin, La Théorie de La Contorsion (article à venir !), tous les deux mieux adaptés au format bouquin.


My Little Paris, le Paris secret des parisiennes
14,95€ - Editions Chêne

lundi 24 janvier 2011

L'origine de la violence - Fabrice Humbert : Tuer l'ennui

Au moment de partir pour aller fêter le Nouvel An, je me suis arrêtée dans un Relay, m'acheter de quoi occuper les 6 heures de train à venir.
J'ai failli prendre un Mary Higging Clark. Et puis j'ai choisi L'Origine de la Violence, parce que c'était un Poche, et qu'il était moins cher.

J'ai bien fait. Fabrice Humbert, la crevette plébiscitée par les édudiants des Grandes Ecoles, avait aussi été pêché pour le Renaudot. Il est mignon avec ses cheveux blonds, il ressemble à un ami à moi, et dans ses interviews, il refuse de donner son âge.


L'Origine de la violence, c'est un jeune prof qui retrouve son grand-père, le sosie de son père, sur une photo, à Buchenwald, le camp de concentration. Et si j'avais su ça, j'aurais choisi autre chose pour tuer l'ennui ; ça n'est pas vraiment festif, et je déteste ce qu'on appelle "la littérature de la Shoah", je l'avoue.

Ici, comme beaucoup de critiques l'ont dit déjà, c'était étonnant de la part d'un jeune auteur de se lancer dans cette tranche délicate de la littérature qu'est "l'écriture de la Shoah".
Le politiquement incorrect n'y a pas sa place, ni vraiment le rire, ni la légèreté. La Mémoire est lourde, nécessaire, le recueillement prend le pas sur la réflexion - avez-vous remarqué combien les romans qui traitent de la Shoah se ressemblent ?
Et ça aurait pu être un roman comme les autres.



Ici, Fabrice Humbert désamorce ce malaise ; il l'exprime.
L'Origine de la violence respecte la Mémoire, se penche aussi sur la mort et la souffrance, l'incompréhension, la systématisation.
Mais surtout, Humbert raconte ce désarroi, ce paradoxe pour nos générations qui n'ont pas connu la guerre et les camps : cette violence historique, l'histoire de nos grands-parents, ce Mal, peut-on imaginer que nos vies quotidiennes en soient dépourvues ?
Que l'on puisse vivre en sachant, mais sans que cela n'y ait pas la moindre influence ?

Humbert se pose la question qui nous concerne aujourd'hui : où la violence des camps est-elle cachée dans ma vie ? Et le narrateur - sans nom, pour mieux nous impliquer - découvre avec soulagement l'histoire de son grand-père, mort à Buchenwald, parce que ce secret explique la violence qui l'habitait depuis toujours, sans qu'il sache pourquoi.

Ici, Fabrice Humbert puise dans l'histoire de l'Europe et dans les mythes anciens, dans la littérature, lui qui enseigne le français, pour comprendre la situation d'un homme, rongé par la culpabilité d'un évènement qu'il n'a pas vécu. Chacun d'entre nous pourrait être ce jeune prof, ni Allemand, ni Juif, si peu concerné par la Shoah, qui découvre son histoire sur une photo.

Dans sa forme, le roman de Fabrice Humbert ressemble à une autobiographie, une autofiction comme on dit. Une narration personnelle, une histoire subjective, avouément romancée ; L'Origine de la Violence a un faux air d'Un Secret - de grâce, le roman, pas l'adaptation - mais doublé d'idées vraies.
Pas vraiment léger mais pourtant distrayant, un côté rock'n'roll étonnant qui fait que Fabrice Humbert réussit à tuer l'ennui. Il réinvente "la littérature de la Shoah".

Par contre, il se lit en moins de 6h ; donc, à ma place, prenez aussi le Mary Higgins Clark.



L'Origine de la Violence - Fabrice Humbert
Le Livre de Poche
6,95€

samedi 22 janvier 2011

Maudit Karma, David Safier : De la relativité

Je suis tombée sur ce bouquin dans la bibliothèque de mon beau-père. Lui, il achète les livres et il en lit un peu - moi, je les lui emprunte, et je les lis.


Je cherchais donc quelque chose pour me changer les idées après L'Origine de la Violence, de Fabrice Humbert (article à venir !), qui était plutôt costaud. Maudit Karma, je l'ai choisi à cause de sa couverture jaune, et même malgré son titre. Parce que la dernière couverture jaune que j'avais lue, c'était Qui suis-je, et si je suis, combien ?, de Pretch, et c'était vraiment génial.

Mais j'aurais du me douter, à cause du titre, que ça serait moins philo. Ça n'a pas loupé. C'est bien ce qu'on appelle un bouquin de fille.

Agréable, distrayant, parfois même drôle.
Plein de bons sentiments, une fin heureuse et un portrait (plutôt flou) de la femme moderne.

Bref, il faudrait avoir déjà lu tous les chefs-d'œuvre de la littérature avant de pouvoir consacrer en toute conscience une demi-journée de son temps à la lecture de Maudit Karma.
Pour ceux et celles dont la conscience est aux Caraïbes, dans ce genre-là, Bridget Jones est plus drôle.
A sa décharge, on pourrait arguer que ce n'est que du français d'occasion, que c'est une traduction de l'allemand - mais la philosophie de Pretch aussi ! Donc, en fait, pas d'excuses.



Maudit Karma, David Safier
Presse de la Cité,
19,50€


Fabrice Luchini lit Muray, Théâtre de l'Atelier : Ite Missa Est

Je suis allée voir la semaine dernière Fabrice Luchini au Théâtre de l'Atelier.



C'est un joli théâtre, au pied de Montmartre, encore presque dans Pigalle. Il faisait soleil, et la place était remplie de dame entre deux âges un peu endimanchées. Un dimanche, 11h ; on aurait dit une sortie de messe.
Car je ne connaissais pas Philippe Muray - du moins, pas avant d'en avoir entendu par dans le numéro spécial du Figaro, à propos de Luchini ; et d'ailleurs, je n'aime pas trop Luchini non plus.

Et ici, je suis bien embêtée, pour écrire sur ce spectacle.
Effectivement, Muray dit la messe pour notre monde. C'est trop original, trop riche, trop contemporain pour être résumé en quelques lignes. Chaque phrase soulève des océans de réflexion, chaque mot est parfait et beau, et dérangeant. Lisez, relisez ce Tombeau pour une touriste innocente ; ou encore ce Sourire à visage humain, qui crucifie Ségolène Royal : s'en imprégner, c'est renoncer à la pensée inanimée, c'est penser plus, penser mieux.
C'est difficile, pourtant, car Muray, incarné par une grande poupée de chiffon, Luchini, crache littéralement sur tout ce que l'on connait, des habitudes les plus idiotes aux pensées bien-pensantes. Il dérange les esprits qui pensaient déranger.


Pourtant, ce qui m'a le plus frappée en regardant Luchini gesticuler sur scène, c'est un sentiment de solitude.
Cette solitude de Muray qui écrit seul, entouré de Christines Angots et Marcs Lévys, et de leurs lecteurs. Solitude du philosophe, du poète, dans un monde de faux-semblants et d'idéalistes, où tout doit être sympathique, où les adultes doivent être rassurés par la loi.
Solitude de Luchini qui joue de sa célébrité pour amener les foules à lire de la philosophie, qui fait rire pour essayer, peut-être, de commencer à faire penser. Et lorsqu'il mime, longuement, le père de famille sur sa trottinette, le regard se perd dans les rires : ça n'est pas encore aujourd'hui que l'on sera disciple de la pensée... Une sorte de Docteur Knock où nous sommes les malades.

Mais, aujourd'hui, Fabrice Luchini lit Muray est le plus gros spectacle à Paris..., alors, peut-être que la messe n'est pas encore dite. Peut-être que le travail de Luchini n'est pas vain.




vendredi 14 janvier 2011

La Carte et le Territoire - Michel Houellebecq : le sel de la littérature

Commençons par les gros poissons de l'année. Cette fois-ci, pour le Goncourt, c'est la crevette Houellebecq qui s'est fait pêcher.




J'ai lu La Carte et le Territoire dans un train, entre Cabourg et Paris, un retour de week-end. Il pleuvait et il faisait froid. Dans le wagon pour 6 personnes, un boyfriend occupé à rattraper son retard de boulot, deux enfants à claquer et deux parents satisfaits. Et les parents mangeaient des chips.

Le boyfriend s'était offert le roman à la gare ; c'est moi qui l'ai lu. Jusque là, j'avais lu du Houellebecq comme on dîne avec un ex : on pense que ça va aller, mais c'est toujours pire. Il fallait toujours quelques pages pour regretter d'avoir commencé le livre, sans pouvoir s'arrêter avant d'avoir envie de vomir.
Et puis, La Carte et le Territoire, c'était comme dîner avec le mec dont on voulait se séparer et se rendre compte que c'est l'homme de sa vie.

Pas de provoc. Pas de trash. Pas (trop) de dépression. Pas (trop) de critique sociale.
L'acidité traditionnelle de Houllebecq sans triple couche écoeurante. Seulement de la retenue, de la finesse. Un bijou d'équilibre, et même d'intelligence.

Michel Houellebecq comme personnage détestable du roman de Michel Houellebecq, personne ne l'avait osé. Des extraits entiers de Wikipédia comme fabuleux sous-titre naturaliste, dignes héritiers des longues descriptions scientifiques par Jules Verne. Et si Houellebecq jouait à l'OuLiPo ? Et si Houellebecq était en train de repenser la littérature ? Et si Houellebcq était un génie ?

Sans tomber amoureuse de la crevette, j'ai quand même été bien séduite. La Carte et le Territoire n'est finalement pas un ex comme les autres. Le titre, rien que ce titre, pourrait faire l'objet d'une copie double de dissertation. Je n'avais pas vu d'aussi beau titre depuis "La Guerre de Troie" n'aura pas lieu.

Malgré les deux braillards, malgré les parents qui mangent des chips dans le wagon étriqué, La Carte et le Territoire est une belle pincée de sel pour relever le goût de la littérature contemporaine ; et pour cela, la crevette a quand même bien mérité le gros lot.




La Carte et le Territoire - Michel Houellebecq
Flammarion - 3 septembre 2010.
22€.

jeudi 13 janvier 2011

On s'en fiche.

Quand j'avais 8 ans, je lisais beaucoup ; et mon père me forçait à écrire des fiches de lecture, pour que je me souvienne de toutes mes lectures.
Aujourd'hui, j'ai perdu mon classeur à fiches de lecture.

Aujourd'hui, c'est ma mauvaise mémoire qui me force à écrire des fiches de lecture. Alors, les partager, une idée...